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Ce que vos proches ne pourront pas faire, même avec un testament en règle

Le patrimoine numérique échappe presque toujours à la planification successorale classique — voici pourquoi, et ce qui change avec de la méthode.
9 octobre 2026 par
Ce que vos proches ne pourront pas faire, même avec un testament en règle

Une mère de famille décède après une courte maladie. Son conjoint retrouve sans peine le testament, le compte bancaire, la police d'assurance — tout ce que le notaire avait prévu. Mais il ne retrouve pas les photos des enfants stockées dans un nuage verrouillé par un mot de passe que personne ne connaît. Il ne sait pas non plus quoi faire des trois abonnements mensuels qui continuent de prélever sa carte, ni comment répondre aux messages qui arrivent encore sur un compte qu'il n'a pas le droit légal d'ouvrir. Rien de tout cela n'était dans le testament. Rien de tout cela n'est illégal ou mal fait — c'est simplement que personne n'avait pensé à le préparer.

Cette situation n'a rien d'exceptionnel. Elle se répète chaque semaine, au Québec, dans des familles autrement bien organisées.

Un testament protège ce qu'il peut voir

Le testament et le mandat de protection restent les outils juridiques centraux d'une succession, et rien ne les remplace. Mais ils ont été pensés pour des biens qu'on peut nommer et localiser : une maison, un compte de banque, une police d'assurance. Un patrimoine numérique ne se présente pas de la même façon. Il est dispersé entre des dizaines de services, protégé par des mots de passe que personne d'autre ne connaît, et soumis à des conditions d'utilisation qui n'ont jamais prévu qu'on puisse mourir.

Un liquidateur désigné dans les règles peut très bien se retrouver sans aucun moyen d'agir : pas parce que la loi le lui interdit, mais parce qu'il ne sait tout simplement pas que ce compte existe, ou comment y accéder.

Chaque plateforme a sa propre politique — pas la vôtre

Au Québec, la Loi 25 encadre la façon dont une organisation doit traiter les renseignements personnels — y compris après un décès. Mais entre cette loi et vos volontés se trouve un acteur que la plupart des gens oublient : la politique interne de chaque plateforme. Une institution financière, un réseau social, un fournisseur de courriel : chacun a ses propres règles pour déterminer qui peut accéder à un compte, le fermer, ou en récupérer le contenu. Certaines l'autorisent sur présentation d'un certificat de décès. D'autres exigent une ordonnance de la cour. D'autres encore n'offrent tout simplement aucun mécanisme — le compte reste tel quel, indéfiniment.

Vos volontés, aussi claires soient-elles sur papier, ne valent que ce que chaque plateforme veut bien en faire.

Les chiffres ne mentent pas

Seulement un tiers des Canadiens ont un testament à jour — et le numérique y figure rarement, même quand il existe. Près de la moitié des adultes n'ont laissé aucune instruction sur le sort de leurs comptes numériques. Résultat : environ deux successions numériques non préparées sur trois se soldent par une perte partielle ou totale des actifs concernés — qu'il s'agisse de souvenirs, de cryptomonnaies ou de propriété intellectuelle.

Une vie entière de souvenirs ne devrait jamais tenir à un mot de passe oublié.

Ce que change une préparation méthodique

C'est précisément ce vide que Prologue, de Traces Virtuelles, vient combler. Le principe est simple, même si sa mise en œuvre demande de la rigueur : le titulaire confie, dans un coffre chiffré, les plis qui contiennent ce qu'il souhaite transmettre — accès, instructions, messages — et désigne un contact d'urgence chargé d'attester, le moment venu, que la situation le justifie réellement.

Tant que le titulaire est présent, un cycle de vérification périodique le confirme simplement, sans démarche lourde. Ce n'est qu'en l'absence prolongée de réponse que le contact d'urgence est sollicité. Un délai de carence s'ajoute ensuite avant toute ouverture, précisément pour protéger contre une erreur ou une fausse alerte. Le système est pensé pour ne jamais agir à la légère — et pour agir, le moment venu, exactement comme le titulaire l'avait prévu.

Rien de tout cela ne remplace votre notaire ou votre testament. Cela comble ce qu'ils ne peuvent pas voir.

Ce n'est pas un sujet qu'on aime aborder. C'est pourtant l'un des services les plus concrets qu'on puisse rendre à ceux qu'on aime — et l'un des plus simples à commencer à préparer, dès aujourd'hui.

Ce que vos proches ne pourront pas faire, même avec un testament en règle
9 octobre 2026
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